La première traversée d’une rue à Hanoï ou Hô Chi Minh-Ville reste souvent un souvenir de voyage à part entière. Des dizaines de scooters arrivent, les klaxons résonnent, certains véhicules tournent pendant que les piétons traversent : vu depuis le trottoir, tout semble fonctionner selon des règles mystérieuses.
Pourtant, traverser la rue au Vietnam ne consiste pas à fermer les yeux et à avancer en espérant que les motos vous évitent. Le pays possède des règles officielles pour les piétons et, depuis le 1er janvier 2025, la législation précise notamment comment traverser lorsqu’il n’existe ni feu ni passage piéton.
La bonne approche associe donc réglementation, observation du trafic, visibilité et mouvements prévisibles. Voici comment comprendre ce fameux « chaos organisé » et circuler à pied plus sereinement pendant votre voyage au Vietnam.
Sommaire
Pourquoi la circulation vietnamienne paraît-elle chaotique ?

Pour un voyageur venant de France, Belgique, Suisse, Luxembourg ou Canada, le premier contraste est visuel.
Dans les centres urbains, les deux-roues occupent une place très importante. Le trafic semble parfois former un flux continu plutôt que des files parfaitement séparées.
À cela s’ajoutent :
- des scooters qui changent fréquemment de trajectoire ;
- de nombreux véhicules tournant aux carrefours ;
- des rues étroites dans les quartiers anciens ;
- des voitures, bus, vélos et motos partageant le même espace ;
- des klaxons beaucoup plus présents qu’en Europe occidentale.
Les autorités canadiennes rappellent d’ailleurs que la circulation routière au Vietnam demande une vigilance particulière, notamment en ville, et que les piétons font partie des usagers exposés aux accidents. Elles recommandent d’utiliser passerelles ou passages aménagés lorsqu’ils existent.
Le terme « chaos organisé » est donc surtout une manière de décrire l’impression ressentie par les visiteurs.
Il ne faut surtout pas en conclure que « personne ne respecte aucune règle ».
Ce que dit réellement la loi vietnamienne pour les piétons

C’est probablement le point le plus important de ce guide.
La loi vietnamienne sur l’ordre et la sécurité routière, entrée en vigueur le 1er janvier 2025, précise les obligations des piétons.
Lorsque des infrastructures existent, le piéton doit utiliser :
- les feux de circulation ;
- les passages matérialisés ;
- les passerelles ;
- les passages souterrains destinés aux piétons.
Il doit également respecter la signalisation correspondante.
Et lorsqu’il n’y a aucun passage piéton ?
La règle est désormais très claire.
En l’absence de feu, passage matérialisé, passerelle ou tunnel, le piéton doit :
observer les véhicules approchant, ne traverser que lorsque la situation est suffisamment sûre et signaler son intention avec la main.
Cette précision est importante car elle corrige une idée fréquemment répétée aux touristes :
« Commencez simplement à marcher et les motos vous éviteront. »
Ce conseil est trop dangereux s’il est pris au pied de la lettre.
La première règle reste d’attendre une situation permettant de traverser avec une marge suffisante.
La méthode la plus sûre pour traverser une rue au Vietnam
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Étape |
Ce qu’il faut faire |
À éviter |
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1 |
Chercher un passage, feu ou passerelle |
Traverser n’importe où |
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2 |
Observer les deux sens et les véhicules qui tournent |
Regarder uniquement devant |
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3 |
Attendre une ouverture suffisamment sûre |
Forcer le passage |
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4 |
Se rendre clairement visible |
Sortir entre deux voitures garées |
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5 |
Avancer d’un pas régulier et prévisible |
Courir ou changer brusquement de direction |
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6 |
Continuer à observer jusqu’au trottoir |
Regarder son téléphone |
Cherchez d’abord l’endroit le plus sûr
Avant toute chose, regardez autour de vous.
À quelques dizaines de mètres peuvent se trouver :
- un feu ;
- un passage piéton ;
- un carrefour régulé ;
- une passerelle ;
- un passage souterrain.
Faire cinquante mètres supplémentaires est souvent préférable à traverser six voies au milieu d’un trafic rapide.
Évitez particulièrement :
- les virages sans visibilité ;
- les sorties de parkings ;
- les arrêts de bus ;
- les zones masquées par des voitures stationnées ;
- les grands carrefours lorsque vous ne comprenez pas les mouvements des véhicules.
Observez aussi les motos qui tournent

C’est l’une des principales différences pour les voyageurs européens.
Lorsque le feu piéton devient favorable, ne supposez pas automatiquement qu’aucun véhicule ne peut croiser votre trajectoire.
La réglementation vietnamienne impose aux conducteurs qui tournent de céder le passage aux piétons et de ne pas effectuer leur manœuvre si elle crée un danger.
Mais en pratique, votre sécurité doit toujours primer sur le fait d’avoir juridiquement priorité.
Regardez donc :
gauche – droite – devant – et derrière votre épaule si des véhicules peuvent tourner.
Rendez votre intention compréhensible
S’il n’existe aucun équipement de traversée et que les conditions sont sûres, la réglementation actuelle demande un signal de la main.
Faites un geste clair et visible.
L’objectif n’est pas de vous transformer en agent de circulation ni d’ordonner aux véhicules de s’arrêter.
Vous signalez simplement :
« Je souhaite traverser et je suis visible. »
Évitez d’agiter frénétiquement les deux bras ou de faire plusieurs gestes contradictoires.
Faut-il vraiment marcher lentement sans jamais s’arrêter ?
C’est le conseil le plus célèbre concernant le Vietnam… et il mérite d’être nuancé.
Une fois engagé dans une traversée qui était suffisamment sûre au départ, conserver un mouvement régulier aide les autres usagers à comprendre votre trajectoire.
Cela signifie :
- marcher normalement ;
- rester attentif ;
- conserver une direction claire ;
- éviter une accélération ou un recul soudain.
Mais cela ne veut absolument pas dire :
« Continuez coûte que coûte même si un bus arrive. »
Si une situation devient dangereuse, votre priorité est évidemment de vous mettre en sécurité.
La notion utile à retenir est donc moins « ne jamais s’arrêter » que :
Soyez prévisible
Les changements brusques de direction sont difficiles à anticiper.
Courir puis s’arrêter, repartir, revenir en arrière ou zigzaguer rend votre trajectoire beaucoup moins lisible.
Le klaxon au Vietnam : ne paniquez pas, mais restez attentif
Le klaxon surprend souvent les voyageurs francophones.
En Europe occidentale, il exprime volontiers impatience ou danger immédiat.
Au Vietnam, il peut également signaler la présence d’un véhicule, un dépassement ou une approche.
Il ne faut donc pas automatiquement entendre chaque klaxon comme une agression.
Mais surtout :
ne considérez jamais un coup de klaxon comme une autorisation de traverser.
Entendre « bip bip » signifie avant tout qu’un véhicule souhaite attirer votre attention.
Regardez où il se trouve et adaptez-vous à la situation.
Les 7 erreurs les plus fréquentes des voyageurs
Courir pour « passer avant les motos »
C’est généralement une mauvaise stratégie.
Votre vitesse devient difficile à anticiper et vous pouvez arriver dans une deuxième voie beaucoup plus rapidement que prévu.
Regarder uniquement les véhicules venant de gauche
Dans certains carrefours, scooters, vélos ou motos peuvent surgir d’une rue latérale ou effectuer un virage.
Gardez toujours une vision large de l’environnement.
Utiliser son téléphone pendant la traversée
Rangez votre téléphone avant de descendre du trottoir.
Même suivre Google Maps en marchant peut détourner votre attention pendant quelques secondes décisives.
Croire qu’un passage piéton constitue une protection absolue
Le passage est l’endroit à privilégier lorsqu’il existe.
Mais regardez malgré tout avant de traverser.
Le gouvernement canadien signale que certains conducteurs ne respectent pas toujours les règles de circulation et que des motos peuvent parfois circuler à contre-sens ou même sur certains trottoirs.
Se glisser entre des véhicules masquant la visibilité
Si vous ne voyez pas les véhicules arriver, ils risquent également de ne pas vous voir.
Copier aveuglément un habitant
Suivre un groupe de piétons peut aider à comprendre le rythme d’une traversée.
Mais ne partez pas simplement parce qu’un habitant traverse.
Il connaît mieux la circulation locale et peut accepter un niveau de risque différent du vôtre.
Penser que la priorité légale suffit
La loi vous protège juridiquement dans plusieurs situations.
Votre objectif de voyage n’est cependant pas de démontrer que vous aviez raison après un accident.
Priorité théorique et sécurité réelle doivent toujours être distinguées.
Traverser la rue à Hanoï : dense mais souvent lisible à petite vitesse

Le Vieux Quartier de Hanoï est probablement l’endroit où le voyageur apprend le plus rapidement.
Autour de Hoàn Kiếm et dans les rues anciennes, la chaussée peut paraître saturée de scooters.
Mais de nombreuses rues sont relativement étroites et le trafic circule souvent à vitesse réduite.
Pour débuter, choisissez :
- une petite rue ;
- une zone avec bonne visibilité ;
- un passage fréquenté par des piétons locaux ;
- un carrefour équipé de feux.
Après quelques heures à Hanoï, vous commencerez généralement à mieux reconnaître les mouvements des véhicules.
Cela fait d’ailleurs partie du charme de la capitale : Hanoï se découvre beaucoup à pied, entre quartiers anciens, lacs, cafés et marchés. (aventure-vietnam.com)
Attention aux trottoirs
Ne considérez pas non plus le trottoir comme une zone totalement isolée de la circulation.
Dans certains secteurs très fréquentés, il peut être encombré ou occasionnellement emprunté par des deux-roues ; les recommandations officielles canadiennes signalent également ce comportement.
Restez donc attentif même lorsque vous êtes revenu sur le trottoir.
Traverser à Hô Chi Minh-Ville : davantage anticiper les grands axes

À Hô Chi Minh-Ville, le principe reste identique, mais l’échelle change.
Certaines grandes avenues possèdent :
- plusieurs voies ;
- davantage de voitures et bus ;
- des carrefours plus larges ;
- des mouvements tournants plus complexes.
Il est donc préférable de rechercher systématiquement :
feux piétons, passages aménagés, îlots centraux, passerelles ou passages souterrains lorsqu’ils existent.
Sur un grand axe, ne cherchez jamais à reproduire la technique vue dans une petite ruelle de Hanoï.
Chaque rue doit être évaluée selon :
la vitesse, la visibilité, le nombre de voies et les possibilités de refuge.
Hô Chi Minh-Ville se visite néanmoins très agréablement à pied dans plusieurs secteurs centraux, notamment autour de Nguyễn Huệ, Đồng Khởi et des principaux monuments historiques. (aventure-vietnam.com)
Avec des enfants : changez complètement de stratégie
Avec un enfant, l’objectif n’est plus d’apprendre à « suivre le flux ».
Privilégiez autant que possible :
- les feux ;
- les passages piétons ;
- les passerelles ;
- les rues secondaires ;
- les traversées avec d’autres piétons.
Tenez l’enfant fermement par la main et gardez-le du côté opposé au trafic lorsque c’est possible.
La loi vietnamienne précise d’ailleurs que les enfants de moins de 7 ans doivent être accompagnés par un adulte lorsqu’ils traversent.
Avec poussette ou très jeune enfant, acceptez volontiers de faire un détour.
Une traversée plus longue mais régulée vaut largement quelques minutes supplémentaires.
Et pour les seniors ou personnes à mobilité réduite ?

La même logique s’applique.
Ne vous sentez jamais obligé de traverser au rythme d’un groupe.
Cherchez plutôt :
- un feu avec temps de traversée suffisant ;
- un îlot central ;
- une passerelle accessible si elle convient à votre mobilité ;
- l’aide d’un accompagnateur ou guide.
La réglementation vietnamienne prévoit d’ailleurs une attention spécifique pour les personnes âgées, les personnes handicapées et d’autres usagers vulnérables lorsqu’ils traversent.
Pour un voyage privé, votre guide peut également anticiper les points de dépose afin d’éviter certains grands axes.
Heures de pointe : plus lent ne signifie pas forcément plus sûr
À Hanoï comme à Saigon, un trafic dense peut sembler moins impressionnant lorsque tous les véhicules avancent lentement.
Cela peut parfois faciliter la lecture du flux.
Mais la densité augmente aussi :
- le nombre de véhicules ;
- les angles morts ;
- les changements de direction ;
- la difficulté à entendre l’arrivée d’une moto particulière.
Ne considérez donc jamais une rue bloquée comme automatiquement sûre.
Au contraire, redoublez d’attention lorsque des scooters commencent à contourner les voitures.
La technique du « local » : utile pour apprendre, pas comme règle absolue
Lors des premières heures, observer les habitants est très instructif.
Regardez :
- où ils traversent ;
- quand ils attendent ;
- comment ils signalent leur présence ;
- comment ils surveillent les véhicules tournant.
Si vous êtes vraiment hésitant, il est parfaitement raisonnable d’attendre qu’un petit groupe traverse.
Un guide francophone peut également accompagner vos premières promenades.
Pour beaucoup de voyageurs, une demi-journée à pied avec un guide à Hanoï suffit pour que la circulation cesse d’être intimidante et devienne simplement… vietnamienne.
Petit mémo : traverser une rue en 10 secondes
Avant de partir, retenez simplement :
- Passage ou feu disponible ? Utilisez-le.
- Pas de passage ? Attendez une situation réellement sûre.
- Regardez les deux côtés et les véhicules qui tournent.
- Rendez-vous visible et utilisez un signal clair de la main si nécessaire.
- Marchez normalement et de manière prévisible.
- Ne courez pas, ne zigzaguez pas.
- Continuez à observer jusqu’au trottoir opposé.
C’est largement suffisant.
Vous n’avez pas besoin de devenir expert de la circulation vietnamienne en vingt minutes.
Conseils pratiques supplémentaires pour vos déplacements à pied
Gardez votre sac du côté opposé à la chaussée dans les zones très fréquentées.
Évitez de marcher avec écouteurs à réduction de bruit lorsque vous devez traverser régulièrement.
La nuit, choisissez des zones éclairées.
Par temps de pluie, soyez encore plus prudent : chaussée glissante, visibilité réduite et ponchos portés par les motocyclistes peuvent diminuer leur champ de vision. Les recommandations officielles aux voyageurs signalent également que la pluie peut rendre les conditions routières plus difficiles.
Enfin, n’hésitez jamais à prendre un taxi ou une voiture via une application fiable si une zone ne vous inspire pas confiance.
Voyager « comme un local » ne signifie pas prendre des risques inutiles.
Conclusion : le « chaos organisé » devient vite plus lisible
La circulation vietnamienne impressionne surtout pendant les premières heures.
Puis votre regard change.
Vous commencez à distinguer les scooters qui tournent, les ralentissements, les espaces disponibles et les mouvements des autres piétons. Ce qui semblait totalement chaotique devient progressivement plus compréhensible.
Mais cette familiarité ne doit jamais se transformer en excès de confiance.
Pour traverser la rue au Vietnam en sécurité, retenez trois principes simples : utilisez les infrastructures piétonnes dès qu’elles existent, ne vous engagez que lorsque les conditions sont suffisamment sûres et restez visible et prévisible pendant toute la traversée.
Vous pourrez alors profiter pleinement de ce qui fait le charme de Hanoï ou de Saigon : marcher dans les quartiers populaires, vous arrêter devant un stand de street food, entrer dans un petit café et observer cette vie urbaine incroyablement animée.
Après quelques jours, vous sourirez probablement en voyant un nouveau voyageur immobilisé au bord d’une rue de Hanoï.
Vous vous souviendrez simplement que, vous aussi, quelques jours plus tôt, vous vous demandiez :
« Mais comment vais-je réussir à passer de l’autre côté ? »
FAQ - Traverser la rue au Vietnam
La circulation demande davantage d’attention qu’en Europe occidentale, particulièrement dans les grandes villes. Privilégiez les feux, passages piétons, passerelles et rues offrant une bonne visibilité. Ne partez jamais du principe que les véhicules vous éviteront automatiquement. Les recommandations officielles aux voyageurs appellent à une vigilance renforcée pour les piétons.
La réglementation prévoit plusieurs obligations de céder le passage aux piétons, notamment pour les véhicules qui tournent. Mais le piéton doit lui aussi utiliser les passages aménagés lorsqu’ils existent et ne traverser ailleurs qu’après s’être assuré que cela peut être fait en sécurité.
Pas forcément, mais il faut choisir la bonne région. Phuk
Depuis le 1er janvier 2025, lorsque vous traversez dans un endroit où il n’existe ni feu, ni passage matérialisé, ni passerelle ou tunnel piéton, la réglementation prévoit un signal de la main, après avoir vérifié que les conditions permettent de traverser en sécurité.
et et Krabi sont plus exposées aux pluies, tandis que Koh Samui, Koh Tao et Koh Phangan peuvent être plus intéressantes.
Non, cette règle souvent répétée est trop simpliste. Il faut d’abord choisir un moment suffisamment sûr. Une fois engagé, un mouvement régulier et prévisible est préférable aux changements brusques, mais vous devez rester prêt à réagir si la situation évolue.
Les deux villes demandent de l’attention. Hanoï possède beaucoup de rues étroites et un flux important de scooters ; Hô Chi Minh-Ville comporte davantage de grands axes à plusieurs voies. Pour un premier voyage, commencez par de petites rues et utilisez systématiquement les traversées aménagées sur les grands boulevards.




