Sur la route qui mène à Ban Gioc, un détour vaut vraiment le détour. Le village de Phia Thap est renommé pour son encens fait à la main. Ici, plusieurs familles perpétuent un métier qui dure depuis plus d’un siècle. Sous le soleil, des bouquets de bâtonnets d’encens rouges et bruns s’étendent devant les maisons. Les artisans y dessinent de grandes fleurs colorées le long des chemins. Derrière cette scène se cache un travail patient, composé de gestes précis et de plantes choisies avec soin. Cet article vous explique comment l’encens est fabriqué, comment visiter le village et comment l’intégrer à votre voyage dans le nord du Vietnam.
Sommaire
Village de Phia Thap : un savoir-faire d’encens qui dure depuis plus d’un siècle
L’encens occupe une place centrale dans la vie des Vietnamiens. On allume l’encens pour honorer les ancêtres. On le brûle également lors des fêtes et des moments marquants de l’année. À Phia Thap, cette tradition a évolué en un véritable métier. La fabrication de l’encens se transmet de parent à enfant depuis plus de cent ans. Pour de nombreuses familles, elle complète les revenus issus des cultures et des rizières.

Le village a reçu la reconnaissance de village artisanal en 2021. Une publication locale de janvier 2023 rapporte 48 foyers et 114 travailleurs dans ce domaine. Ces chiffres montrent l’importance de l’encens dans l’économie du village.
Où se situe le village de Phia Thap ?
Phia Thap s’écrit aussi Phja Thap. Le village se trouve dans la province de Cao Bang, tout près de la route nationale 3. Il dépend aujourd’hui de la commune de Quang Uyen. Une réorganisation administrative a eu lieu en 2025. L’ancienne commune de Phuc Sen a alors rejoint cette nouvelle commune. Sur une carte, recherchez donc également « Phia Thap, Phuc Sen ».
Le village se trouve à environ 26 km du centre de Cao Bang. Il s’intègre bien dans une visite du géoparc de Non Nuoc Cao Bang, où les paysages calcaires et les traditions locales se mêlent.
Phia Thap en bref
Informations pratiques
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Informations |
Détails |
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Localisation |
Commune de Quang Uyen, province de Cao Bang |
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Communauté |
Nung An |
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Spécialité |
Fabrication de bâtonnets d’encens |
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Reconnaissance |
Village artisanal depuis 2021 |
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Durée conseillée |
1 à 2 heures |
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Pour aller plus loin |
Repas ou nuit chez l’habitant, à réserver |
Les Nung An, gardiens d’un métier ancien
Les habitants de Phia Thap appartiennent au groupe Nung An. Ce groupe fait partie de la grande communauté nung. Les familles préservent leurs coutumes, leur langue et leurs maisons sur pilotis. La fabrication d’encens ne se fait pas dans une usine. Elle se réalise dans la cour, devant la maison ou sous l’auvent. Chacun a son rôle. Les anciens montrent les gestes et les plus jeunes apprennent en observant.
Ce savoir-faire ancestral reste fragile. Il dépend de la météo, des matières végétales et du temps que chaque famille peut y consacrer. Mais il continue de faire vivre le village.
Comment fabrique-t-on l’encens à Phia Thap ?
Le processus paraît simple. En réalité, chaque étape demande de l’expérience. Voici les trois grandes phases du travail.

Préparer les tiges et les poudres végétales
Tout commence par le bambou. Les artisans le coupent en fines tiges d’environ 40 cm. Chaque tige ressemble à une très fine baguette. En parallèle, ils préparent les matières qui enrobent le bâtonnet :
- des feuilles de bau hat, séchées puis réduites en poudre ;
- de l’écorce de kapokier, appelé cây gạo en vietnamien ;
- de la sciure de bois.
La poudre de bau hat joue un rôle clé. Elle sert de liant naturel. Elle aide les autres poudres à rester sur la tige.
Former l’encens à la main
Les tiges passent d’abord dans une eau mélangée à de la poudre de bau hat. Ensuite, l’artisan les enrobe d’un mélange de poudres végétales et de sciure. Il répète le geste plusieurs fois, souvent quatre. Peu à peu, le bâtonnet prend du corps. Un bon résultat demande un geste régulier. La couche doit être homogène sur toute la longueur utile. Sinon, l’encens brûle mal.
Faire sécher les bouquets
Ensuite vient le séchage. Les bâtonnets sont disposés dans de petits godets, au bord des chemins. Ils restent à l’air libre entre un et trois jours, selon la chaleur et l’humidité. Après ce premier séchage, le pied de chaque bâtonnet est teint en rouge. Il sèche une nouvelle fois. Puis les artisans forment les bouquets destinés à la vente.
Attention : les bouquets ne sont pas toujours dehors. Un jour de pluie peut réduire ce que l’on voit dans le village. La visite reste pourtant intéressante, car la vie locale continue.
Que faire lors d’une visite à Phia Thap ?
Prenez d’abord le temps d’observer. Regardez comment les artisans travaillent. Ensuite, promenez-vous entre les maisons sur pilotis, les jardins et les cultures.

Voici quelques idées pour profiter de votre étape :
- observer l’enrobage et le séchage des bâtonnets ;
- échanger avec les familles, avec l’aide d’un guide si possible ;
- marcher dans le village et jusqu’aux rizières ;
- acheter de l’encens directement auprès des artisans ;
- tenter une initiation, selon la disponibilité des familles.
Quelques règles simples facilitent la rencontre :
- demander l’autorisation avant d’entrer dans un atelier ;
- demander également l’autorisation avant de photographier une personne ;
- ne pas toucher aux matières sans y être invité ;
- garder un ton calme pendant le travail.
Acheter sur place est un beau geste. L’argent reste dans la famille qui a fabriqué l’encens. C’est aussi une façon de soutenir un métier traditionnel.
Une nuit chez l’habitant pour prolonger la visite
Phia Thap se prête bien à un séjour plus long. Certaines familles accueillent les voyageurs pour un repas ou pour la nuit. Vous dormirez alors dans une maison en bois, au rythme du village.

Cette expérience permet de voir la vie quotidienne. Vous pourrez partager le dîner, discuter et découvrir les cultures autour du village. Le lendemain, une promenade vers les champs et la lisière des bois complète la visite.
Avant de réserver, posez quelques questions :
- Où dormirez-vous exactement ?
- Comment sont les sanitaires ?
- Quels repas sont inclus ?
- Quel est le prix total ?
Comment aller à Phia Thap ?
Depuis Cao Bang, comptez environ 26 km. Prenez la nationale 3, en direction de Trung Khanh. Le village se trouve dans le secteur de l’ancienne commune de Phuc Sen.
La solution la plus simple reste la voiture avec chauffeur. Elle permet de s’arrêter dans d’autres villages artisanaux voisins. Elle évite aussi de chercher l’entrée du village.
- repérez l’entrée de Phia Thap sur votre carte ;
- donnez à votre chauffeur le nom de la famille d’accueil, si vous avez réservé ;
- si vous revenez de Ban Gioc, placez la visite sur le trajet de retour.
Quand visiter Phia Thap et que prévoir ?
Choisissez de préférence une journée sèche. Le séchage de l’encens se fait dehors. C’est le moment le plus photogénique de la visite. Les ventes sont plus importantes à certaines dates. Il s’agit du Têt, de la fête de Thanh Minh, dédiée à la mémoire des défunts, et de la pleine lune du septième mois lunaire. Ces moments montrent le lien entre l’encens et les pratiques spirituelles. Mais ils ne garantissent pas une démonstration.

Voici ce qu’il vaut mieux emporter :
- des chaussures confortables ;
- une protection contre la pluie ;
- un peu d’argent liquide pour vos achats ;
- de la patience et de la curiosité.
Pour un repas, une initiation ou une nuit, fixez le prix à l’avance. Précisez également ce qui est compris.
Comment intégrer Phia Thap dans un itinéraire à Cao Bang ?
Phia Thap se combine très bien avec d’autres métiers traditionnels de la région. Associez la visite aux forgerons de Phuc Sen et aux fabricants de papier traditionnel du secteur de Quoc Dan. Ces trois savoir-faire ont été reconnus par la même décision provinciale, le 28 octobre 2021.
Votre journée peut suivre ce schéma :
- Matin : départ de Cao Bang et visite de Phia Thap.
- Fin de matinée : arrêt chez les forgerons ou les fabricants de papier.
- Après-midi : route vers les chutes de Ban Gioc ou la grotte de Nguom Ngao.
Ne multipliez pas les arrêts trop courts. Mieux vaut voir moins de lieux, mais prendre le temps d’échanger. Prévoyez si possible plusieurs jours dans la région. Profitez ainsi des villages, des rencontres et des paysages sans courir.
Phia Thap, une étape simple et authentique
Le village de Phia Thap n’est pas un lieu de passage comme les autres. Il montre un métier vivant, transmis par les familles Nung An depuis plus d’un siècle. Le visiteur y découvre des gestes précis, des plantes locales et un quotidien tourné vers la terre.
Prévoyez un peu de temps, un guide si possible et beaucoup de respect pour les artisans. Associez la visite aux forgerons, aux papetiers, à Ban Gioc et à Nguom Ngao. Vous repartirez avec un souvenir fort de Cao Bang et, pourquoi pas, avec un bouquet de bâtonnets d’encens fait main.
FAQ : visiter le village de Phia Thap
Comptez environ 26 km depuis le centre de Cao Bang. Le village est accessible par la nationale 3, dans le secteur de Phuc Sen.
Une à deux heures suffisent pour une première découverte. Ajoutez du temps si vous souhaitez déjeuner, tenter une initiation ou vous promener dans les rizières.
Oui, une initiation peut parfois être organisée. Tout dépend de la disponibilité des familles. Il vaut mieux demander cette initiation à l’avance, avec le guide ou l’agence.
Oui, la visite reste intéressante même si le séchage est moins visible. L’initiation permet de comprendre les étapes du métier, de rencontrer les familles et de découvrir les maisons sur pilotis.
Oui, il faut réserver pour dormir chez l’habitant. Réservez à l’avance, précisez le couchage, les repas et le prix afin d’éviter les malentendus.
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