À la tombée du jour, les lanternes de Hoi An transforment les façades jaunes, les ruelles et les quais de la rivière Hoài en un décor immédiatement reconnaissable. Pourtant, derrière cette image devenue emblématique du Vietnam se cache un véritable savoir-faire artisanal. Une lanterne traditionnelle demande un bambou soigneusement préparé, une armature équilibrée, un tissu bien tendu et des gestes précis transmis par les artisans. L’histoire de cet objet reflète aussi celle de Hoi An, ancien port marchand où se sont rencontrées influences vietnamiennes, chinoises et japonaises. Aujourd’hui encore, on peut entrer dans un atelier et fabriquer soi-même une lanterne pliable à rapporter dans sa valise. Bien plus qu’un souvenir décoratif, elle constitue donc une porte d’entrée privilégiée pour comprendre l’artisanat, les croyances et l’identité culturelle de Hoi An.
Sommaire
Pourquoi la lanterne est-elle devenue le symbole de Hoi An ?
La réponse se trouve en partie dans l’histoire commerciale de la ville.
Entre le XVe et le XIXe siècle, Hoi An fut un important port d’Asie du Sud-Est où se croisaient marchands vietnamiens, chinois, japonais puis européens. L’UNESCO, qui a inscrit la vieille ville au patrimoine mondial en 1999, souligne précisément cette remarquable fusion de cultures.
Vietnam Tourism indique que les lanternes sont fabriquées à Hoi An depuis plus de 400 ans. Elles auraient été introduites et transformées au fil des échanges avec les communautés marchandes chinoises et japonaises, avant de prendre progressivement une identité propre à la ville.
L’artisanat demeure d’ailleurs bien vivant. Une publication touristique officielle de 2025 recensait encore environ 40 familles d’artisans fabriquant des lanternes, certaines produisant plusieurs centaines de pièces lors des périodes de forte demande.
Depuis 2023, Hoi An appartient également au Réseau des villes créatives de l’UNESCO, dans la catégorie « Crafts and Folk Art », qui met en valeur son écosystème d’artisanat et d’arts populaires.
Que symbolise une lanterne vietnamienne ?

La lanterne n’est pas seulement destinée à éclairer.
Dans les maisons, commerces, temples et lieux de réunion, elle est couramment associée à des idées de bonheur, chance, harmonie et prospérité.
Certaines couleurs sont traditionnellement interprétées de manière symbolique. Le rouge est volontiers associé à la chance, le jaune au bonheur ou à la prospérité et le bleu à l’espoir ou à la sérénité.
Il faut toutefois éviter d’en faire un code rigide.
Il n’existe pas une « table officielle » universelle imposant la signification de chaque couleur. Les interprétations varient selon les familles, les ateliers, les occasions et les traditions.
Les formes sont également très variées : sphériques, ovales, cylindriques, en diamant, en fleur, en poisson ou inspirées de fruits.
Lanterne suspendue et lanterne flottante : attention à ne pas les confondre

C’est une distinction rarement expliquée dans les guides.
La lanterne traditionnelle en bambou et tissu, appelée đèn lồng, est celle que l’on suspend dans les rues et les maisons.
Les petites lumières déposées sur la rivière sont plutôt des hoa đăng, de petites lanternes flottantes souvent en papier, associées à des souhaits, prières ou gestes symboliques.
Lors des soirées de pleine lune, notamment le 14e jour du calendrier lunaire, les lumières électriques sont réduites dans une partie de la vieille ville et des lanternes flottantes apparaissent sur la rivière. Vietnam Tourism présente cette soirée comme l’un des moments emblématiques pour découvrir Hoi An.
Comment fabrique-t-on une lanterne de Hoi An ?
Une lanterne paraît légère et simple une fois terminée. Sa fabrication demande pourtant beaucoup de précision.
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Étape |
Travail de l’artisan |
Pourquoi c’est important |
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1. Préparer le bambou |
Sélection, traitement, séchage, découpe |
Solidité et longévité |
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2. Former l’armature |
Courber et assembler les baguettes |
Symétrie de la lanterne |
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3. Poser le tissu |
Découper, coller et tendre |
Élégance et diffusion de la lumière |
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4. Finir et décorer |
Bordures, glands, peinture |
Identité visuelle |
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5. Tester le pliage |
Ouvrir et refermer la structure |
Transport et rangement |
Choisir et préparer le bambou
Le bambou est le squelette de la lanterne.
Il doit être suffisamment mûr, droit et résistant. Un matériau trop jeune se déforme plus facilement ; un bambou mal préparé peut être attaqué par l’humidité ou les insectes.
L’artisan réputé Huỳnh Văn Ba expliquait que le bambou était notamment traité avec du sel pendant une dizaine de jours, puis taillé, bouilli et séché au soleil avant d’être transformé en armature.
Les tiges sont ensuite divisées en fines baguettes régulières.
C’est l’une des étapes les plus délicates : quelques millimètres d’écart suffisent à modifier l’équilibre de la forme finale.
Construire l’armature

Les baguettes sont fixées autour de deux éléments circulaires situés en haut et en bas.
L’artisan répartit chaque nervure de manière régulière, puis courbe progressivement le bambou afin d’obtenir la silhouette souhaitée.
Une bonne lanterne doit être :
légère, symétrique, assez rigide une fois ouverte et suffisamment souple pour être repliée.
Cette dernière caractéristique est particulièrement intéressante. Les artisans de Hoi An ont développé des modèles pliables qui peuvent s’aplatir pour faciliter leur transport, notamment pour les voyageurs. L’artisan Huỳnh Văn Ba est cité parmi ceux ayant contribué à populariser cette armature démontable ou pliable.
Recouvrir la structure de tissu

Vient ensuite la phase la plus visible : la pose du tissu.
La soie est traditionnellement associée aux lanternes haut de gamme. La soie de Vạn Phúc, près de Hanoï, est souvent citée par les artisans pour sa finesse et sa résistance
Mais toutes les lanternes vendues aujourd’hui à Hoi An ne sont pas nécessairement recouvertes de véritable soie naturelle. Selon le prix et l’usage, les ateliers utilisent également d’autres tissus.
C’est un point important lorsque vous achetez une lanterne : demandez simplement quelle matière a été utilisée.
Le tissu est découpé panneau par panneau, puis collé sur les nervures. Il faut le tendre suffisamment pour obtenir une surface lisse sans déformer l’armature.
Les excédents sont ensuite soigneusement coupés.
Décoration et finitions

Une lanterne peut rester unie, mais de nombreux modèles sont décorés de motifs floraux, paysages, bambous, oiseaux ou calligraphies.
Les bords sont renforcés et un gland peut être ajouté à la partie inférieure.
Autre évolution moderne : dans une maison ou un hôtel, nous recommandons d’utiliser une petite ampoule LED plutôt qu’une flamme.
La LED chauffe beaucoup moins et constitue naturellement une option plus sûre pour une structure en bambou recouverte de tissu.
Fabriquer sa propre lanterne : l’une des meilleures activités à Hoi An

Observer un artisan est intéressant. Fabriquer soi-même une lanterne permet de comprendre immédiatement pourquoi certains gestes demandent des années de pratique.
Les ateliers proposent généralement deux formats.
Atelier express
L’armature en bambou est souvent déjà préparée.
Vous choisissez la forme et le tissu, apprenez à appliquer la colle, tendre les panneaux, découper les bordures puis réaliser les finitions.
Comptez souvent 1 heure à 1 h 30.
Atelier complet
Vous participez davantage à la création de l’armature : assemblage des baguettes, mise en forme, tissu et finitions.
La séance peut durer 2 à 3 heures.
En 2026, les tarifs observés tournent généralement autour de 120 000 à 400 000 VND par personne, selon la durée, la taille de la lanterne et le niveau d’accompagnement. Un atelier actuel facture par exemple 250 000 VND pour une formule express et 380 000 VND pour le cours complet.
Ces prix restent indicatifs et doivent être vérifiés au moment de réserver.
Comment choisir un bon atelier de lanternes ?
Ne choisissez pas uniquement l’atelier le moins cher.
Demandez surtout :
- si vous fabriquez réellement l’armature ou si elle est déjà prête ;
- si le prix inclut tous les matériaux ;
- quel type de tissu est utilisé ;
- si vous emportez votre lanterne ;
- combien de personnes participent au cours ;
- si l’atelier est animé par une famille d’artisans.
Pour une famille avec enfants, une formule courte d’environ une heure est souvent suffisante.
Pour un couple ou un voyageur passionné d’artisanat, le cours complet apporte davantage de sens.
Combien d’artisans travaillent encore à Hoi An ?

Le métier n’a pas disparu derrière les boutiques touristiques.
En 2025, le programme touristique officiel vietnamien évoquait environ 40 familles d’artisans encore impliquées dans la production des lanternes à Hoi An, ainsi que le développement d’ateliers participatifs pour les visiteurs.
Cela ne signifie pas pour autant que toutes les lanternes proposées dans les marchés soient fabriquées intégralement à la main sur place.
Si l’origine artisanale compte pour vous, posez des questions et privilégiez une boutique où vous pouvez voir le travail du bambou et du tissu.
Faut-il aller à Thanh Ha pour voir fabriquer des lanternes ?
Pas spécialement.
Thanh Ha est avant tout un village traditionnel de potiers, et non le principal centre de fabrication des lanternes de Hoi An. Le site officiel du patrimoine de Hoi An distingue clairement le métier de fabricant de lanternes et le village de poterie de Thanh Ha parmi les différentes traditions artisanales locales.
Pour les lanternes, vous trouverez des ateliers directement autour de la vieille ville et dans les quartiers environnants.
Thanh Ha mérite parfaitement une visite, mais pour la céramique et la poterie.
Quand voir Hoi An sous les lanternes ?
Vous n’avez pas besoin d’attendre une fête particulière.
Les lanternes illuminent la vieille ville tous les soirs.
Pour une atmosphère plus cérémonielle, essayez néanmoins de faire coïncider votre séjour avec le 14e jour du mois lunaire, lorsque la vieille ville met davantage en scène l’éclairage traditionnel.
Attention à ne pas confondre cette soirée mensuelle avec le Nguyên Tiêu, la première pleine lune de l’année lunaire. Cette fête possède ses propres cérémonies religieuses et communautaires et a été reconnue patrimoine culturel immatériel national en 2023.
Le meilleur moment de la journée pour un atelier
Nous aimons particulièrement le créneau situé entre 15 h et 17 h.
Vous évitez souvent les heures les plus chaudes, fabriquez votre lanterne à l’intérieur puis sortez lorsque la lumière commence à diminuer.
Vous pouvez ensuite dîner et découvrir Hoi An illuminée.
Pendant la saison des pluies, l’atelier constitue également une excellente activité lorsqu’une averse rend le vélo ou la plage moins agréables.
Peut-on rapporter une lanterne en France, Belgique, Suisse ou Canada ?
Oui, surtout si vous choisissez un modèle pliable.
Une fois fermé, il prend relativement peu de place.
Demandez au vendeur ou à l’artisan de vous montrer comment la replier correctement, puis placez-la entre des vêtements plutôt qu’au fond d’une valise sous des objets lourds.
Si vous achetez un système électrique avec la lanterne, vérifiez plutôt la compatibilité de la douille et du voltage. Le plus simple est souvent de rapporter uniquement la structure et d’acheter l’ampoule LED adaptée chez vous.
Les erreurs à éviter
La première est d’acheter une lanterne uniquement sur son apparence sans demander sa matière ou son origine.
La deuxième consiste à manipuler brutalement les baguettes lorsque vous la repliez.
Troisième erreur : utiliser une bougie ou une source de chaleur importante dans une lanterne en tissu.
Quatrième : considérer les significations des couleurs comme des règles religieuses absolues. Elles sont davantage des associations culturelles traditionnelles.
Enfin, ne confondez pas les lanternes artisanales suspendues avec les petits hoa đăng jetés ou déposés sur la rivière. Si vous participez à cette pratique, évitez les matériaux plastiques et privilégiez les dispositifs proposés dans un cadre respectueux de l’environnement.
Conclusion : un souvenir qui raconte vraiment Hoi An
La lanterne vietnamienne de Hoi An résume à elle seule une grande partie de l’identité de la ville : son histoire de port marchand, le travail du bambou, les tissus, les influences culturelles et le goût vietnamien pour les objets à la fois utiles, symboliques et décoratifs.
La photographier le soir est magnifique. Mais prendre une ou deux heures pour la fabriquer change complètement le regard porté sur cet objet.
On comprend alors que derrière une armature apparemment simple se cachent la sélection du bambou, la précision du pliage, la tension du tissu et surtout les gestes répétés par des générations d’artisans.
Lors d’un séjour à Hoi An, nous conseillons donc de ne pas seulement acheter une lanterne : prenez le temps d’entrer dans un atelier, de toucher le bambou et de fabriquer la vôtre.
Une fois rentrée dans votre valise puis suspendue chez vous, elle ne sera plus seulement une décoration vietnamienne. Elle rappellera un après-midi d’artisanat, la lumière chaude des maisons jaunes et l’atmosphère très particulière de Hoi An lorsque les lanternes commencent à s’allumer.
FAQ - Lanternes de Hoi An
Parce que la ville possède une tradition de fabrication vieille de plusieurs siècles, née dans le contexte de son ancien port marchand aux influences vietnamiennes, chinoises et japonaises. Vietnam Tourism évoque plus de 400 ans de fabrication locale.
En 2026, comptez généralement environ 120 000 à 400 000 VND, selon la durée et le niveau de fabrication. Les cours courts utilisent souvent une armature préparée ; les cours complets permettent davantage de travail sur le bambou.
Un atelier touristique demande généralement 1 à 2 heures, parfois jusqu’à 2 h 30 ou 3 h pour une formule plus complète.
Oui. C’est même l’une des activités culturelles les plus adaptées aux familles à Hoi An. Pour de jeunes enfants, choisissez une formule où l’armature est déjà préparée et où l’artisan accompagne les étapes de découpe et de collage.
Oui, la vieille ville est illuminée quotidiennement. Le 14e jour de chaque mois lunaire offre toutefois une atmosphère particulière, avec une mise en valeur plus forte de l’éclairage traditionnel et des lanternes flottantes sur la rivière.




