Drone au Vietnam : règles, permis et conseils pratiques

Oui, il est possible de voler en drone au Vietnam, mais la réglementation est désormais beaucoup plus structurée qu’il y a quelques années. Pour un voyageur, le scénario le plus simple reste un petit drone de moins de 250 g utilisé uniquement pour le loisir, maintenu à vue et loin de toute zone interdite ou réglementée. Mais même dans ce cas, il ne faut plus résumer la règle par « moins de 250 g = aucun document ».

Depuis la loi sur la défense aérienne populaire et le décret 288/2025/NĐ-CP, le Vietnam encadre notamment l’enregistrement des appareils, les licences de pilotage selon leur poids, les autorisations de vol et les obligations spécifiques aux étrangers.

Avant d’emporter votre DJI Mini, Air ou Mavic dans les rizières de Ha Giang ou devant les paysages de Ninh Binh, voici donc ce qu’il faut réellement savoir.

Sommaire

Drone au Vietnam : les règles essentielles en un tableau

Situation

Permis de vol

Licence pilote

Enregistrement

Notre conseil

Drone < 250 g, loisir, VLOS, hors zone interdite/restreinte

Exemption possible

Pas de licence VLOS liée au seuil de 250 g

Oui, cadre d’enregistrement applicable

Option réglementaire la plus simple

Drone de 250 g à < 2 kg

Généralement requis

Licence de pilotage à vue

Oui

Préparer le dossier à l’avance

Drone ≥ 2 kg

Requis

Licence renforcée selon utilisation

Oui

Passer par un professionnel local

Vol hors vue – BVLOS

Requis

Licence de pilotage par instruments/dispositifs

Oui

Peu adapté à un simple touriste

Tournage professionnel/commercial

Autorisation à prévoir

Selon appareil et mission

Oui

Ne pas utiliser l’exemption « loisir »

Zone interdite

Très restrictif

Ne pas décoller sans autorisation expresse

Le décret classe désormais les UAV notamment selon leur masse maximale au décollage : moins de 0,25 kg ; de 0,25 à moins de 2 kg ; de 2 à moins de 25 kg ; puis catégories supérieures.

Qu’est-ce qui a changé pour les drones au Vietnam ?

Drone au Vietnam

Le cadre juridique vietnamien a été profondément actualisé.

Le décret 288/2025/NĐ-CP, adopté le 5 novembre 2025, réglemente la gestion, l’enregistrement, l’exploitation et les autorisations des drones et autres aéronefs. Certaines obligations majeures de son article 19, notamment celles relatives à l’enregistrement et aux licences de pilotage, sont entrées en application le 1er juillet 2026.

Une nouvelle circulaire du ministère de la Sécurité publique, effective depuis le 20 juillet 2026, précise également l’organisation de l’enregistrement. Pour un étranger, l’éligibilité concerne notamment les personnes résidant temporairement ou durablement au Vietnam ou autorisées par l’autorité compétente.

C’est important pour les touristes : de nombreux articles encore visibles sur Internet décrivent l’ancien régime ou présentent le seuil de 250 g comme une exemption générale. Ils ne reflètent plus complètement le droit applicable en août 2026.

Drone de moins de 250 g : peut-on voler sans permis ?

DJI Mini de moins de 250

Oui, mais uniquement dans un cas très précis

Un drone dont la masse maximale au décollage est inférieure à 0,25 kg peut être exempté de permis de vol lorsque quatre conditions essentielles sont réunies :

  • utilisation pour le loisir ou le divertissement ;
  • vol hors des zones interdites et à restrictions ;
  • maintien dans le champ visuel direct du pilote ;
  • respect des autres règles applicables à l’exploitation du drone.

Le décret prévoit en outre une information des autorités militaires, policières et de contrôle du trafic concernées si le vol est susceptible d’affecter les activités aériennes militaires ou civiles.

C’est pourquoi un DJI Mini de moins de 250 g constitue effectivement le choix le plus simple pour un voyageur.

Mais « exempté de permis de vol » ne signifie pas « exempté de toute réglementation ».

Attention : le drone doit désormais être enregistré

Le décret dispose que l’aéronef exploité doit posséder un certificat d’enregistrement ou d’enregistrement temporaire valide. Cette obligation n’est pas réservée aux drones de plus de 250 g.

C’est probablement le point le plus important à retenir.

Moins de 250 g = possible exemption du permis de vol.
Moins de 250 g ≠ exemption générale d’enregistrement.

Pour un touriste étranger qui apporte son appareil depuis l’étranger, les règles d’enregistrement et, le cas échéant, d’importation temporaire doivent donc être vérifiées avant le voyage.

Que se passe-t-il à partir de 250 g ?

À partir d’une masse maximale au décollage de 0,25 kg, les exigences augmentent sensiblement.

Le décret prévoit que le pilote d’un appareil de 250 g ou plus possède une licence de pilotage en visibilité directe délivrée selon les règles vietnamiennes.

À partir de 2 kg, ou lorsqu’un appareil est exploité hors du champ visuel, ou encore selon un programme automatisé via un contrôleur central, une licence de pilotage par instruments ou dispositifs est requise. Certains certificats internationaux peuvent être reconnus par le ministère de la Défense.

Pour un voyage touristique classique, cela change complètement notre recommandation.

Si votre objectif est simplement de réaliser quelques belles images personnelles, emporter un appareil lourd peut engendrer beaucoup de formalités pour quelques minutes de tournage.

Un étranger peut-il piloter un drone au Vietnam ?

 

Un étranger pilote un drone au Vietnam

Oui, mais une règle particulière doit être prise très au sérieux.

Le décret 288 prévoit que le pilote étranger doit disposer d’une organisation, d’une agence ou d’une personne vietnamienne agissant comme représentant ou garant, en plus de satisfaire aux autres conditions applicables à son vol.

Le formulaire officiel de demande de permis rappelle également cette obligation lorsqu’un étranger pilote au Vietnam.

Pour un tournage préparé à l’avance, une agence locale ou un prestataire vietnamien spécialisé peut donc devenir précieux pour :

préparer les coordonnées GPS ;

identifier l’autorité compétente ;

vérifier la zone ;

assembler les documents ;

et servir d’intermédiaire local lorsque cela est nécessaire.

Pour un drone de 500 g sorti spontanément du sac à dos dans une vallée proche d’une frontière, la situation est tout autre.

Peut-on simplement apporter son drone dans sa valise ?

Que mettre dans la valise pour un voyage au Vietnam
Que mettre dans la valise pour un voyage au Vietnam

C’est un autre sujet souvent négligé.

Le cadre vietnamien ne réglemente pas seulement le vol, mais aussi l’importation, l’exportation, l’importation temporaire et la réexportation de certaines catégories d’aéronefs et d’équipements.

Les conditions d’enregistrement d’un appareil importé peuvent demander des pièces démontrant sa propriété légale ainsi que des documents liés à son importation.

Pour un voyageur étranger, la conclusion prudente est donc la suivante :

Le fait qu’une compagnie aérienne accepte votre drone en bagage ne vous donne pas automatiquement le droit de le mettre en œuvre au Vietnam.

Si votre voyage est construit spécifiquement autour de prises de vues aériennes, vérifiez les formalités de transport, d’importation temporaire, d’enregistrement et de vol avant le départ plutôt que d’essayer de les résoudre à l’arrivée à l’aéroport.

Où est-il interdit de voler ?

C’est ici que beaucoup de voyageurs prennent des risques involontairement.

Le ministère vietnamien de la Défense publie depuis juin 2025 une carte officielle nationale des zones interdites et des zones de vol restreint. Cette base est actualisée périodiquement ou lorsqu’une modification intervient.

Carte officielle des zones interdites et restreintes pour drones

Elle couvre notamment des secteurs associés aux :

  • aéroports et aérodromes ;
  • installations militaires ;
  • sites importants pour la défense et la sécurité ;
  • infrastructures et institutions sensibles ;
  • espaces soumis temporairement à restriction ;
  • autres secteurs déterminés par les autorités.

Ne vous fiez pas uniquement à l’application DJI

Une zone affichée comme « disponible » dans l’application du fabricant n’est pas nécessairement autorisée par la réglementation vietnamienne.

Même remarque pour Google Maps.

La référence à consulter est la cartographie publiée par les autorités vietnamiennes, complétée lorsque nécessaire par l’autorisation officielle correspondant à votre mission.

Aéroports : aucune improvisation

Aéroport Tan Son Nhat à Hô Chi Minh-Ville
L’aéroport de Tân Sơn Nhất, le plus fréquenté du Vietnam.

Voler à proximité de Nội Bài, Tân Sơn Nhất, Đà Nẵng, Phú Quốc ou d’un aérodrome régional est particulièrement sensible.

Ce n’est pas une précaution théorique : en juin 2026, des objets soupçonnés d’être des UAV à proximité de Nội Bài et Cát Bi ont perturbé plusieurs dizaines de vols.

Même un petit appareil peut représenter un danger majeur pendant une phase d’approche ou de décollage.

Si vous voyez des avions voler bas ou si vous êtes proche d’un aéroport, ne décollez pas simplement parce que votre application autorise l’armement des moteurs.

Ha Giang et Cao Bang : paysages magnifiques, mais prudence renforcée

Les montagnes du Nord donnent évidemment envie de sortir un drone.

Mais Ha Giang, Cao Bang et Lao Cai possèdent de longs secteurs proches de frontières internationales.

Une vallée isolée, un col ou une route spectaculaire ne constitue donc pas automatiquement une zone libre.

C’est également valable à proximité des frontières avec le Laos ou le Cambodge.

Avant chaque vol, contrôlez la carte officielle et votre autorisation lorsqu’elle est nécessaire.

Dans une zone frontalière, en cas de doute, la meilleure décision reste de ne pas décoller.

Ninh Binh, Hoi An ou temples : zone autorisée ne signifie pas autorisation du site

Supposons que la carte aéronautique n’indique aucune interdiction au-dessus d’un paysage.

Cela ne signifie pas nécessairement que vous pouvez décoller depuis :

une propriété privée ;

un hôtel ;

un temple ;

un parc ;

un site patrimonial ;

un embarcadère ;

ou une attraction touristique.

Le gestionnaire du site peut imposer ses propres restrictions.

Demandez donc l’accord de l’hôtel, du propriétaire, du guide ou du responsable du lieu avant le décollage.

Cet accord local ne remplace cependant jamais une autorisation aéronautique lorsque celle-ci est nécessaire.

Comment demander un permis de vol ?

Lorsque le vol n’entre pas dans l’exemption très limitée des moins de 250 g, préparez la demande au moins sept jours ouvrables avant la date prévue.

Le portail national des services publics indique actuellement un délai de traitement administratif de cinq jours ouvrables et ne mentionne pas de frais pour cette procédure.

Le dossier peut notamment comporter :

  • demande officielle de permis ;
  • identité du demandeur ;
  • passeport pour un étranger ;
  • photographie de l’appareil ;
  • caractéristiques techniques ;
  • localisation ou schéma de la zone de vol ;
  • dates et horaires ;
  • documents liés au lieu de décollage/atterrissage ;
  • justification de l’activité lorsque nécessaire ;
  • représentation ou garantie vietnamienne pour un opérateur étranger.

Qui délivre le permis ?

La réponse est devenue plus nuancée que dans les anciens guides.

Selon l’altitude et la zone concernée, le cadre actuel prévoit différents niveaux compétents au sein du ministère de la Défense : commandement militaire provincial pour certains vols bas, commandement régional ou de Hanoï pour d’autres cas, et Département des opérations de l’État-major général pour les situations relevant de son niveau de compétence.

Ne partez donc pas du principe que toutes les demandes touristiques doivent suivre exactement la même procédure.

Et pour un tournage professionnel ?

Le seuil de 250 g ne suffit plus à vous protéger.

L’exemption concerne un drone léger utilisé pour le loisir ou le divertissement.

Un tournage commercial, promotionnel, documentaire ou destiné à une production professionnelle ne correspond pas automatiquement à cette catégorie.

Même avec un mini-drone de 249 g, demandez donc la procédure appropriée avant de filmer pour :

une agence ;

un hôtel ;

une marque ;

un film ;

une publicité ;

une prestation rémunérée ;

ou une production commerciale.

Pour un projet professionnel, nous recommandons de travailler avec un partenaire vietnamien habitué aux autorisations.

10 conseils pratiques avant de décoller

  1. Pesez l’appareil dans sa configuration réelle. Ce qui compte est la masse maximale au décollage applicable, pas uniquement le chiffre marketing inscrit sur la boîte.
  2. Vérifiez l’enregistrement. Le nouveau régime 2026 a renforcé ce point, y compris pour les appareils légers.
  3. Consultez la carte officielle avant chaque vol. Une autorisation valable à Ninh Binh ne rend pas Ha Giang automatiquement autorisé.
  4. Gardez toujours le drone en vue si vous comptez bénéficier du régime récréatif sous 250 g.
  5. Évitez les personnes. Marchés, festivals, routes fréquentées, cours d’école et villages très denses ne sont pas de bons terrains de décollage.
  6. Respectez la vie privée. Une belle maison traditionnelle n’est pas un décor public lorsque ses habitants vivent à l’intérieur.
  7. Demandez l’accord du propriétaire du terrain.
  8. Ne filmez jamais spontanément des installations militaires, postes-frontières ou infrastructures sensibles.
  9. Ne pilotez pas après avoir consommé de l’alcool. Le nouveau cadre interdit notamment la conduite sous l’influence de l’alcool, des drogues et autres substances prohibées.
  10. En cas de doute : laissez le drone dans son sac. Une photo au sol vaut mieux qu’un problème avec les autorités.

Quelles sanctions risque-t-on ?

Elles ne sont pas symboliques.

Le régime actuel prévoit notamment 20 à 30 millions de VND d’amende pour une activité de vol qui nécessitait une autorisation et a été effectuée sans permis. L’utilisation d’un UAV d’une manière qui entrave ou compromet la sécurité d’autres aéronefs peut être sanctionnée de 30 à 40 millions de VND.

Une prise de vue aérienne réalisée sans autorisation lorsqu’elle est requise peut également être sanctionnée, et la confiscation de l’appareil est prévue pour certains manquements, notamment le vol sans autorisation dans les cas concernés.

Lorsque le comportement crée un danger réel pour la navigation aérienne, la situation peut en outre dépasser la simple sanction administrative.

C’est pourquoi l’approche « je décolle cinq minutes, personne ne me verra » est particulièrement mauvaise au Vietnam.

Faut-il finalement emporter son drone au Vietnam ?

Oui, si…

vous avez vérifié les formalités avant votre départ ;

vous utilisez un appareil léger ;

vous avez identifié précisément vos lieux de tournage ;

vous êtes prêt à renoncer à voler dans certaines régions ;

et vos images aériennes constituent une vraie partie de votre projet.

Nous hésiterions si…

vous ne prévoyez que deux ou trois vols improvisés ;

votre appareil dépasse 250 g ;

vous traversez beaucoup de régions frontalières ;

vous ne disposez d’aucun contact vietnamien ;

ou vous ne souhaitez pas consacrer de temps aux démarches administratives.

Pour un voyageur classique, un smartphone récent ou un bon appareil photo peut être beaucoup plus simple.

La beauté du Vietnam ne dépend heureusement pas d’une vue aérienne.

Conclusion : oui au drone, mais pas à l’improvisation

Alors, est-il possible de voler en drone au Vietnam ?

Oui.

Mais depuis les nouvelles règles applicables en 2025–2026, il faut abandonner l’idée que les petits drones touristiques peuvent être utilisés librement partout.

Un appareil de moins de 250 g reste le choix réglementaire le plus simple : s’il est utilisé à titre récréatif, en visibilité directe et hors d’une zone interdite ou restreinte, il peut bénéficier de l’exemption de permis de vol. Mais l’enregistrement de l’appareil et les exigences particulières applicables aux étrangers restent à prendre en compte.

À partir de 250 g, pour un tournage professionnel, un vol hors vue ou une mission plus complexe, préparez les autorisations suffisamment tôt et faites-vous accompagner localement lorsque cela est nécessaire.

Et avant chaque décollage, gardez trois réflexes :

vérifier la carte officielle, vérifier vos autorisations, puis observer réellement ce qui vous entoure.

Un col de Ha Giang, une vallée de Cao Bang ou une rizière de Ninh Binh peuvent sembler parfaitement libres lorsqu’on les regarde depuis la route. Ils ne le sont pas nécessairement du point de vue aéronautique.

Le drone peut offrir des images exceptionnelles du Vietnam. Mais la meilleure image restera toujours celle que vous pouvez réaliser légalement, sans mettre en danger les autres ni compromettre votre voyage.

Cadre réglementaire vérifié au 21 août 2026. La réglementation pouvant évoluer, une nouvelle vérification des sources officielles est recommandée avant tout voyage avec un drone.

FAQ - Drone au Vietnam

Oui, c’est le scénario le plus simple. Un drone de moins de 250 g utilisé uniquement pour le loisir, maintenu à vue et hors des zones interdites ou restreintes peut bénéficier d’une exemption de permis de vol. Mais cela ne signifie pas absence totale de formalités : les nouvelles règles d’enregistrement et celles applicables aux étrangers doivent également être vérifiées.

Dans le cadre réglementaire actuellement en vigueur, les appareils exploités doivent disposer d’un certificat d’enregistrement ou d’enregistrement temporaire valide. Le seuil inférieur à 250 g concerne notamment l’exemption de permis de vol récréatif, pas une exemption générale d’enregistrement.

Utilisez la carte officielle publiée par le ministère vietnamien de la Défense sur cambay.mod.gov.vn. Elle est spécifiquement destinée à identifier les zones interdites et les zones à restrictions pour les UAV et autres appareils concernés.

Le portail national des services publics demande actuellement de déposer le dossier au plus tard sept jours ouvrables avant le vol prévu. Le délai administratif affiché pour le traitement est de cinq jours ouvrables, mais pour un étranger nous recommandons de commencer beaucoup plus tôt afin de régler également les questions d’enregistrement, de zone et de représentant local.

Pas automatiquement. Ha Giang comprend des secteurs proches de la frontière chinoise et peut donc comporter des zones sensibles ou réglementées. Vérifiez chaque lieu de vol sur la carte officielle et assurez-vous de disposer des autorisations nécessaires. Le fait qu’un paysage soit rural ou isolé ne signifie jamais qu’il est libre de toute restriction.

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