Peu connus des voyageurs, les Ra Glai n’en restent pas moins l’un des peuples les plus attachants des hauts plateaux du centre. Aventure Vietnam vous emmène à leur découverte, au fil d’un circuit pensé pour aller à la rencontre de l’authenticité.
Au cœur des montagnes du Centre-Sud vietnamien vit un peuple discret mais riche de traditions : les Ra Glai. Installés depuis des siècles entre forêts et vallées, ils ont su préserver un mode de vie unique, marqué par un profond respect de la nature et une organisation sociale peu commune. Entre croyances animistes, instruments de musique surprenants et coutumes ancestrales, cette ethnie minoritaire du Vietnam mérite qu’on s’y attarde. Découvrons ensemble qui sont les Ra Glai, comment ils vivent aujourd’hui. Et pourquoi une rencontre avec eux reste une expérience inoubliable pour tout voyageur curieux.
Sommaire
Qui sont les Ra Glai, cette ethnie minoritaire des hauts plateaux ?
Les Ra Glai forment l’une des nombreuses communautés qui peuplent les hauts plateaux du centre du Vietnam. Contrairement à d’autres groupes de la région, ce sont des sédentaires. Ils refusent traditionnellement de chasser les animaux sauvages et protègent activement leurs forêts. Ce lien fort avec l’environnement fait partie intégrante de leur identité.
Leur présence dans la région remonterait au début du XVe siècle. Le peuple se serait formé à l’extrémité de la chaîne de Truong Son, dans des districts comme Bac Ai, Ninh Son ou Thuan Bac. On distingue aujourd’hui plusieurs sous-groupes locaux, comme les Rai, installés du côté de Ham Tan dans la province de Binh Thuan, ou encore les Hoang et les La Oang, plus au nord, dans le district de Duc Trong (province de Lam Dong).
Où vivent les Ra Glai et combien sont-ils ?
Les Ra Glai occupent des zones montagneuses situées entre 500 et 1000 mètres d’altitude. On les retrouve principalement dans les provinces de Ninh Thuan et Khanh Hoa, avec de petites communautés dispersées à Binh Thuan et Lam Dong.
Selon le recensement des 53 ethnies minoritaires réalisé en 2019, la population Ra Glai comptait 146 613 personnes. C’est un chiffre qui témoigne d’une communauté vivante, même si elle reste minoritaire face aux grands groupes ethniques du pays.
Une langue héritée du monde austronésien
La langue des Ra Glai appartient au groupe malayo-polynésien, une branche de la famille austronésienne. Ce n’est pas un hasard : elle partage des racines communes avec certaines langues d’Asie du Sud-Est insulaire.
Vivant au contact d’autres populations, les Ra Glai pratiquent souvent le bilinguisme, voire le multilinguisme. Le vietnamien joue aujourd’hui un rôle central comme langue de communication avec les ethnies voisines et le reste du pays.
Une société organisée autour du système matriarcal
L’un des aspects les plus marquants de la culture Ra Glai reste son organisation matriarcale. Chaque village, appelé pây ou pa-lay, regroupe plusieurs clans. Un conseil des anciens, reconnu par tous les habitants, accompagne le chef du village dans les décisions importantes.

Mais c’est bien au sein de la famille que le système matriarcal prend tout son sens. La femme la plus âgée de la famille élargie en est la cheffe. Une fille naît avec le nom de famille de sa mère et conserve ce lien pendant sept générations. Le droit d’hériter appartient uniquement aux filles, en particulier à la plus jeune d’entre elles.
Quand une fille se marie, c’est généralement le mari qui vient s’installer chez elle. Il devient alors le pilier de la famille de son épouse, même si le pouvoir de décision reste entre les mains des femmes.
L'habitat traditionnel : la maison sur pilotis
Nichée à flanc de montagne, souvent reliée à un ruisseau par un système de tuyaux en bambou, la maison sur pilotis reste un symbole fort de la culture Ra Glai. De forme généralement carrée, elle peut s’agrandir en rectangle pour accueillir plusieurs générations sous le même toit.
Le toit est fait de chaume ou de rotin, les murs de bambou tressé ou de terre. Mais l’élément le plus important reste la colonne principale, qui traverse la maison du sol au plafond. Ce pilier spirituel accueille toutes les cérémonies familiales. Selon les croyances locales, c’est par lui que les ancêtres descendent lors des rituels pour retrouver leurs descendants.
Aujourd’hui, de nombreuses familles Ra Glai vivent dans des maisons de plain-pied, plus proches de l’habitat vietnamien classique.
Mariage, naissance et funérailles : des rites bien codifiés
Chez les Ra Glai, l’amour avant le mariage est respecté, mais l’union elle-même suit des étapes précises. La cérémonie se déroule d’abord chez la famille de la mariée, puis chez celle du marié. Un moment fort reste le rituel du tapis nuptial, où les jeunes mariés s’assoient ensemble pendant que les oncles maternels prient les ancêtres pour bénir leur union.
Concernant la naissance, les femmes observent certaines interdictions alimentaires avant et après l’accouchement. Autrefois, elles accouchaient dans une petite cabane construite en lisière de forêt. De nos jours, beaucoup choisissent les dispensaires locaux, avec l’aide de sages-femmes.
Les funérailles suivent elles aussi un rituel précis. Le défunt est enterré la tête tournée vers l’ouest. Quand les moyens le permettent, la famille organise la cérémonie d’abandon de tombe, appelée « bo ma » ou « po thi ». Une maison funéraire est alors construite, entourée de bananiers, de cannes à sucre et de sculptures en forme de bateaux ou d’oiseaux.
Agriculture, artisanat et vie quotidienne
L’économie des Ra Glai repose avant tout sur l’agriculture sur brûlis. Riz, maïs, haricots, courges et arbres fruitiers composent l’essentiel des cultures. Les champs sont défrichés à la main, à l’aide d’outils simples comme la machette ou la houe.
Deux savoir-faire artisanaux se distinguent particulièrement : la forge et la vannerie, qui consiste à tresser des objets en bambou ou en rotin. L’élevage complète ces activités, avec des buffles, des porcs et de la volaille.
Pour se déplacer, les Ra Glai utilisent traditionnellement le panier dorsal, un objet tressé simplement, sans décoration, mais parfaitement adapté au transport en montagne.
Des costumes traditionnels de plus en plus rares
Il est aujourd’hui difficile de trouver des costumes traditionnels Ra Glai portés au quotidien. Les hommes portent désormais pantalon et chemise, les femmes optent souvent pour la tenue « áo bà ba », simple et pratique.
Autrefois, les hommes se promenaient torse nu, vêtus d’un simple pagne. Les femmes portaient une longue tunique aux couleurs noir et blanc, parfois rehaussée de rouge, avec un motif floral brodé au bas de la jupe. Ces costumes anciens ressortent encore aujourd’hui lors des grandes fêtes et festivals, un moyen pour la communauté de préserver son identité.
Croyances, rituels et festivals
Les Ra Glai sont traditionnellement polythéistes. Ils rendent hommage à plusieurs divinités : Giàng, génie suprême des forces célestes, Yang Cho, génie de la montagne, ou encore Yang Paday, génie du riz. Les esprits des morts occupent une place particulière dans leurs croyances, souvent perçus comme les forces surnaturelles les plus redoutées.

Chaque année, des rituels de culte impliquant des sacrifices sont organisés pour s’attirer la bienveillance des divinités. Une classe de chamans, appelés thầy cúng, s’occupe spécifiquement de ces cérémonies.
Les grandes fêtes Ra Glai se concentrent généralement entre janvier et février, une fois les récoltes terminées. On y célèbre le nouveau riz, les mariages collectifs, ou encore la cérémonie d’abandon de tombe. Ces moments marquent à la fois la fin d’un cycle agricole et le début d’un renouveau spirituel pour toute la communauté.
Une tradition musicale unique : gongs et lithophone
Le patrimoine artistique des Ra Glai est particulièrement riche. Contes populaires, chants traditionnels et proverbes se transmettent de génération en génération.
Sur le plan musical, les gongs occupent une place centrale, avec des ensembles pouvant compter jusqu’à douze pièces en bronze. Mais l’instrument le plus emblématique reste sans doute le lithophone, ou đàn đá, fait de pierres sonores assemblées. Inventé à l’origine pour éloigner les animaux sauvages des champs, il est peu à peu devenu un instrument sacré, utilisé lors des grandes festivités.
Autre curiosité : le chapi, un instrument fait d’un tronc de bambou et de douze cordes, capable de produire des sonorités surprenantes. On trouve également des flûtes comme le tacung ou le dinhtut, traditionnellement associées aux chants d’amour entre jeunes gens du village.
Partir à la rencontre des Ra Glai avec Aventure Vietnam
Rencontrer les Ra Glai, c’est plonger dans un mode de vie où la nature, les ancêtres et la communauté restent intimement liés. Envie de vivre cette expérience authentique lors de votre prochain voyage sur les hauts plateaux du Vietnam ? L’agence Aventure Vietnam propose des circuits sur mesure à la rencontre des ethnies minoritaires du centre du pays. Vous pouvez nous contacter pour obtenir des conseils personnalisés et construire un itinéraire adapté à vos envies.
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Nos derniers mots pour finir en douceur
Les Ra Glai incarnent une facette méconnue mais précieuse de la diversité culturelle du Vietnam. Système matriarcal, maisons sur pilotis, rituels funéraires codifiés, instruments de musique venus de la pierre et du bambou : chaque aspect de leur vie raconte une histoire façonnée par les montagnes et la forêt. Si ce peuple reste discret. Sa culture continue de vivre à travers les fêtes, les chants et les objets transmis de génération en génération. Partir à leur rencontre, c’est choisir un voyage différent, loin des sentiers battus, à la découverte d’une des nombreuses ethnies minoritaires qui font la richesse du Vietnam.
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